Historique du Prix Ajis

l’AJIS perdait des amis. 

Le 12 décembre 1984, l’Ajis était dramatiquement touchée. Ce soir-là, de retour d’un voyage d’étude de deux jours organisé conjointement avec l’Afpa à Genève et Turin, l’un des trois avions privés affrétés pour le trajet retour s’écrase à l’approche de l’aéroport du Bourget. La météo est plus que médiocre, les conditions de vol exécrables. Pourtant, la compagnie a décidé que le vol pouvait se dérouler. Le bilan est lourd : quatre journalistes décèdent dans l’accident.
Jeunes, talentueux, ils étaient l’avenir de la presse sociale. Ils se nommaient :
- Marie-France Desgouttes, 28 ans, France-Culture
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Martine Godoy, 26 ans, La Croix
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Eric Hassan, 31 ans, Libération
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Evelyne Lance, 37 ans, Les Echos

Jean-Claude Pirot, responsable à l’Afpa, décède également lors de ce tragique accident. Quelques semaines plus tard, Robert Ligneul, journaliste à Options, met fin à ses jours après avoir perdu ses camarades au Bourget.

En janvier 1985, dans son édito de la lettre d’information de l’Ajis, Michel Noblecourt, alors président de l’association, écrit : « Jeunes journalistes, jeunes adhérents, ils avaient découvert ce climat de sympathie, de bonne camaraderie et d’amitié si précieux chez les journalistes de l’information sociale qui aiment tant débattre à perte de vue, confronter leurs idées, voire s’affronter, mais aussi passer tout simplement un bon moment ensemble. Marie-France, Martine, Eric, Evelyne étaient nos amis avant d’être nos confrères. » Il conclut : « […] Nous allons tenter de calmer notre peine et […] de conserver intact, et en toute amitié, le souvenir de ceux qu’on a un jour accueillis et qui maintenant nous manquent tant. »

L’Ajis, où cette tradition amicale demeure fortement ancrée, honore encore aujourd’hui ce serment fait il y a près de 30 ans en célébrant l’avenir de l’information sociale. En 1985, elle décide de créer un Prix de l’information sociale dédié aux journalistes non professionnels en hommage à nos consœurs et nos confrères. Depuis trois décennies, chaque année, cet acte de mémoire perdure au-delà de la succession des équipes dirigeantes et des générations de journalistes sociaux. Depuis 2006, l’Afpa, également durement touché par ce drame, est partenaire de ce prix en contribuant, via une mention spéciale, à reconnaître le travail d’un ou d’une jeune journaliste.

A l’Ajis, nous n’oublions pas nos consœurs et nos confrères. Récompenser tous les ans des futurs journalistes talentueux est le meilleur hommage que nous puissions leur rendre. Nous continuerons à le faire.

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Un procès perdu, des avancées juridiques

A la suite de de l’accident, une procédure judiciaire a été ouverte. L'Afpa, grâce à son directeur général Guy Métais, a délégué un de ses permanents (Jean-Pierre Deschamps) pour gérer pendant 8 ans le dossier et a assuré le coût financier de la défense de l’AJIS devant les tribunaux.
L’AJIS a finalement été déboutée en première instance dans sa demande de reconnaissance de responsabilité du transporteur, ce qui a dissuadé l’association de faire appel. Cependant, cette affaire a entrainé des modifications au niveau réglementaire, ce qui est une grande satisfaction : non seulement les minima professionnels de vol par temps de brouillard ont été revus, mais surtout, quand il s'agit d'un vol international entraînant l'application de la convention de Varsovie, les ayants droits des victimes sont indemnisées selon les accords internationaux, les assureurs entrant en jeu ensuite.

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