"Pack présidentielle" - Compte rendu du petit-déjeuner avec Benoist Apparu

Mercredi 25 Mai

Benoist Apparu, porte-parole d'Alain Juppé, a présenté aux journalistes de l'Ajis le programme social d'Alain Juppé dans le cadre de la primaire à droite qui se déroulera en novembre prochain.

Sur l'emploi, Benoist Apparu estime que "l'emploi subventionné, à droite comme à gauche, n'a pas produit de résultats importants. Il faut changer lourdement le paradigme". Sur les 35 heures, il juge qu'il "existe des problèmes techniques pour en sortir" et qu'il existe "des nuances entre les candidats à la primaire". L'idée défendue par Alain Juppé est "de permettre aux entreprises de fixer librement la durée du travail, par la voie de la négociation, avec une barrière légale. Si la négociation n'aboutit, la durée du travail sera alors de 39 heures".

"Que l'accord d'entreprise prime sur l'accord de branche est une philosophie qui nous va très bien", a expliqué Benoist Apparu, interrogé sur le projet de loi El Khomri. Il souhaite toutefois aller plus loin sur le contrat de travail. "Mettre dans le contrat de travail des éléments qui justifient un licenciement nous parait souhaitable". 

S'agissant du risque de dumping social avancé par certains, avec le développement de la négociation d'entreprise, Benoist Apparu contrecarre l'argumentation : "Il n'est pas prévu que les entreprises fixent le niveau du Smic, ni celui des charges sociales ; il y a beaucoup de fantasmes et peu de réalité sur le dumping social. Il ne faut pas confondre concurrence déloyale et compétitivité".

Enfin, sur le référendum que propose le projet de loi Travail, Benoist Apparu estime que "si l'intention est bonne, l'initiative doit aussi en revenir à l'employeur".

Benoist Apparu a aussi détaillé le programme d'Alain Juppé sur le terrain de la protection sociale.

Concernant la protection sociale, la mesure la plus forte du programme consiste au relèvement de 3 ans de l'âge de départ à la retraite, ce qui portera la borne de 62 à 65 ans pour le régime général. "Cette mesure concernera tous les secteurs, y compris les régimes spéciaux", précise Benoist Apparu. "Cette réforme s'effectuera probablement au rythme de quatre trimestres par an", précise le maire de Chalon en Champagne. 

Car il s'agit de remettre les comptes sociaux à l'équilibre. "Il faut fixer une date de retour à l'équilibre, pas trop éloignée, et s'y tenir. L'erreur, jusqu'à présent, est de ne pas l'avoir fait", précise le porte-parole d'Alain Juppé. Pas moins de 50 milliards d'euros d'économies devront être réalisées pour y parvenir, sur la durée du quinquennat. 

Le plus gros défi ? Effacer le déficit jugé "structurel" de l'Assurance maladie. Mais, "à ce stade, nous n'avons pas encore défini les économies spécifiques à l'Assurance maladie", même si l'essentiel des mesures pourrait porter sur l'hôpital et le médicament. 

Crédit photo : Florence Mehrez